Le secteur privé genevois: aussi un formidable moteur de la vie sociale, associative et culturelle du canton

par Serge Bednarczyk, président de la Fondation Aigues-Vertes.

Rappeler l'importance de la place financière genevoise et notamment le fait qu'elle couvre à elle seule plus de 35% des rentrées fiscales cantonales, n'est peut-être pas inutile alors que les budgets de nos collectivités explosent toujours plus et accusent, année après année, des déficits qui hypothèquent dangereusement notre avenir et celui de nos enfants. Ça l'est encore moins quand on sait que la population ne payant pas d'impôts représente désormais 25% des contribuables, soit pas moins de 56'700 personnes dans le Canton de Genève ! Force est donc de constater que sans l'apport fiscal de sa place financière, le Canton de Genève, communes comprises, devrait réduire drastiquement son train de vie et perdrait immanquablement de son attrait tant au plan national qu'international. Et croire que les restrictions pourraient se limiter aux symboles du confort genevois que sont, par exemple, l'Orchestre de la Suisse Romande et le Grand Théâtre, revient à faire preuve d'une méconnaissance profonde du rôle de ces institutions dans le rayonnement de Genève, donc dans son essor économique, culturel et international, comme à surestimer les économies possibles. En fait, les coupes devraient être bien plus incisives. Elles toucheraient forcément aussi le social, la santé publique, l'éducation, le sport et la culture ; autant de domaines que la place financière a par ailleurs toujours généreusement soutenu par le biais de dons en plus de son importante contribution fiscale. J'en prends pour preuve, outre l'Orchestre de la Suisse Romande et le Grand Théâtre qui ne doivent de rester au niveau élevé qu'ils ont atteint qu'à l'engagement soutenu de mécènes, l'Université de Genève et l'Hôpital Cantonal dont nombre de leurs programmes sont couverts par des mécènes aussi généreux que discrets. J'en prends pour preuve nos Eglises qui ne survivent que de la manne privée, le Musée International de la Réforme qui a été entièrement financé par des fonds privés, les fondations Aigues-Vertes, Foyer Handicap, Transport Handicap, PRO, Trajets, Philias, Clair-Bois ou encore le Comité International de la Croix Rouge qui représentent à eux seuls des dizaines de millions de dons par an ! Que dire encore des autres institutions culturelles et sportives dont la majorité disparaîtrait sans la manne privée, à commencer par le Musée d'Art Moderne Contemporain - unanimement reconnu comme un des meilleurs - qui est littéralement porté par ses donateurs-fondateurs depuis sa création. Pensons aussi aux centaines d'étudiants de toute nation qui reçoivent chaque année des bourses privées ! Ceci, bien entendu, sans parler du formidable moteur économique que représente notre place financière !

On le voit, les exemples ne manquent pas pour illustrer l'importance de la place financière genevoise, bien au-delà de sa raison d'être première qui participe de l'organisation de notre société. Et ce n'est pas parce que sa générosité se veut traditionnellement discrète qu'il faut la réduire à une dimension anecdotique, car loin d'être le fait du hasard, elle est le témoignage de notre culture en même temps qu'un lien social qui fait la force de notre société. Chacun sait que l'objectivité n'est pas forcément le propre de l'idéologie ; dans l'attente d'avoir une véritable alternative à proposer, que celles et ceux qui tirent sur l'ambulance réfléchissent à quoi ressemblerait notre canton avec un budget amputé de 35% !

 

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